La Monnaie de Paris relance le Bullion, une pièce d’or fin historique née sous Louis XIII, comme nouvel outil d’investissement pour les particuliers. Initié en 2025 après validation par le conseil d’administration, ce projet s’inscrit dans la stratégie Ambition 2027 de l’institution.
Proposée entre 400 et 4 000 euros, ciblant une nouvelle génération d’investisseurs en quête de valeur refuge, cette pièce est disponible dès aujourd’hui, le 16 juin 2026.

Bien que la frappe inaugurale de la pièce ait déjà eu lieu le 26 mai en présence du ministre de l’Économie, la mise à disposition du grand public via la plateforme dédiée a été fixée à partir de la mi-juin.
Historique de la Monnaie de Paris
An de grâce 864, la Monnaie de Paris est créée le 25 juin par l’édit de Pîtres, de Charles II le Chauve (823–877), petit-fils de Charlemagne. Cette date en fait la plus ancienne institution française et l’une des plus vieilles entreprises du monde encore en activité.

À la jonction de l’Héraldique (étude des blasons) et de la Vexillologie (étude des drapeaux) la Numismatique est la science de la monnaie ; cette convention fragile qui a pourtant su maintenir une certaine intégrité tout au long de l’histoire des sociétés humaines.
Les numismates sont les spécialistes ou les collectionneurs de monnaies : ils peuvent être motivés par le plaisir, l’amour de l’histoire, ou encore par des considérations financières.

Deux grands courants existent : la numismatique des monnaies anciennes (antiquité, moyen âge) et celle des monnaies récentes, notamment avec l’arrivée de l’euro, dont les effigies régionales ont suscité de nombreuses vocations de collectionneurs.
Ce qui est intéressant avec le Bullion, c’est qu’il concerne à la fois la numismatique ancienne et récente.
Origines du Bullion
L’origine du mot « bullion » est incertaine, bien que deux étymologies principales coexistent.
La première, liée à l’histoire monétaire française, attribue l’origine au surintendant des finances Claude de Bullion (1569-1640), qui a créé le Louis d’or en 1640 sous le règne de Louis XIII, afin de rivaliser avec les pièces espagnols.

Cependant, d’autres sources indiquent que le mot est d’origine anglo-normande, dérivé du vieux français « boillon » (qui a aussi donné « bouillon »). Le premier usage connu du terme « bullion », pour désigner des barres d’or ou d’argent, remonte au XIVe siècle ; soit bien avant la réforme monétaire de Claude de Bullion. Ainsi, le lien direct entre le personnage historique et le mot est parfois considéré comme une coïncidence sans preuve historique formelle.
Caractéristiques et spécificités du Bullion

Le Bullion 2026, également appelé Marianne, sera disponible en quatre formats : 1 once (31,104 g), demi-once, quart d’once et dixième d’once, tous en or fin (999 ‰), avec une valeur indexée directement sur le cours du métal précieux. Contrairement aux pièces de collection, il n’a pas de valeur faciale symbolique élevée, mais est conçu pour la liquidité internationale, comme le Krugerrand sud africain ou la Maple Leaf canadienne.
Le Bullion est à la fois physique et dématérialisé (e-Marianne), ce qui constitue une innovation notable. Chaque pièce possède un numéro unique, une traçabilité numérique sécurisée, et est associée à un jumeau numérique (NFT ou blockchain), garantissant l’authenticité, afin de lutter contre les contrefaçons.
La face arbore une Marianne contemporaine avec un bonnet phrygien ; le revers représente une carte de France à facettes incluant les territoires d’Outre-mer.
Il s’agit d’offrir aux français une alternative sécurisée et moderne à l’or d’investissement, tout en valorisant le savoir-faire séculaire de la Monnaie de Paris.

Avantages et Innovation
Ayant cours légal, les plus-values sont taxées selon le régime général des biens meubles (souvent plus avantageux que le régime des métaux précieux). La fiscalité est donc avantageuse.
Sur le plan de la traçabilité numérique, chaque pièce physique est associée à un identifiant unique et peut être détenue sous forme dématérialisée sécurisée, avec engagement de rachat par la Monnaie de Paris.
La déclinaison en petits formats (jusqu’au dixième d’once) et l’achat en ligne permettent une entrée sur le marché adaptée à divers budgets, garantissant l’accessibilité de cette monnaie.
Enfin, le dernier atout, et non des moindre, réside dans l’exonération de TVA : comme les autres pièces d’investissement reconnues, elle est dispensée de taxe sur la valeur ajoutée.

