« (Jacques) Chirac l’aime mais il ne supporte pas de l’avoir trop longtemps dans son champ de vision » : c’est en ces termes que le journaliste Franz Olivier Giesbert, dans son ouvrage de 2006 La Tragédie du président, évoquait Bernadette Chirac.

Née Chaudron de Courcel, c’est contre l’avis de sa propre famille, laquelle ne supportait pas la mésalliance, que Bernadette avait épousé Jacques Chirac. Elle formait avec lui un couple de raison et d’ambition ; disparue le 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans, celle que l’on surnommait affectueusement Bernie a laissé son emprunte dans l’histoire de France.

Elle a été la seule première dame de la Ve République à exercer un mandat électif sur son nom propre, celui de conseillère générale de la Corrèze de 1979 à 2015. Elle a ensuite joué un rôle crucial en coulisses, notamment lors des campagnes présidentielles de 1995 et 2002, œuvrant comme conseillère et servant de « mémoire » politique à Jacques Chirac.

Citoyenne et impliquée, elle a donné une dimension nationale et populaire à l’Opération Pièces Jaunes (depuis 2001) et a présidé la Fondation Claude-Pompidou, consolidant ainsi une image d’engagement social et de proximité avec les Français.
Bernadette, que l’on disait froide et rigide s’est finalement émancipé, parvenant à sortir de l’ombre imposante de son époux ; par son action politique d’abord mais aussi par son apprêtement hors norme… Et cela constitua pour elle une belle revanche.

On se souvient encore d’elle pour son style sophistiqué incarnant le chic à la française, marqué par une évolution allant d’une allure classique vers des silhouettes plus audacieuses.
Ses looks iconiques se divisent en plusieurs catégories distinctes.
D’abord les tailleurs signature qu’elle portait fréquemment et des robes cintrés dans des coloris comme le lilas, le beige, le gris ou le noir, souvent signés Chanel ou Dior.
Elle a également popularisé le tailleur pied-de-poule et des ensembles assortis (comme un total look blanc ou beige).

Pour les dîners officiels à l’Élysée, Madame Chirac optait pour des créations de grands créateurs tels que Jean-Louis Scherrer (notamment une robe rouge asymétrique pour recevoir la reine Élisabeth II) ou Stéphane Rolland.
Elle arborait aussi des robes en dentelle noire, des pièces en soie à imprimé floral, des robes à volants ou des tenues bicolores (noir et rose).

Son allure était complétée par des accessoires emblématique comme des lunettes de soleil fumées, un brushing impeccable, des perles de Chine ou de Tahiti, et des sacs de prestige, dont le célèbre sac Lady Dior qu’elle a offert à la princesse Diana.
Lors de ses visites en Corrèze ou de vacances (comme à Saint-Tropez ou Saint-Paul-de-Vence), elle ne s’interdisait pas quelques robes d’été, des blouses à imprimé vichy, et parfois des mélanges surprenants comme un tailleur Chanel associé à des baskets.




