Né le 29 août 1958 à Gary, dans l’État de l’Indiana, aux États-Unis, Michael Jackson a débuté sa carrière professionnelle à 11 ans au sein des Jackson Five, un groupe formé avec ses frères aînés, après avoir chanté avec eux dès l’âge de six ans.

Le groupe, signé chez Motown en 1969, a connu un succès immédiat avec des tubes comme I Want You Back, ABC et The Love You Save, propulsant Michael comme chanteur principal. Déjà à l’époque, le visuel était au coeur de la création artistique, glissant des larges chemises hippies et des pantalons pattes d’Eph vers l’exubérance cintrée du Disco.

The King of Pop
En parallèle de son activité avec le groupe (jusqu’en 1984), il a entamé une carrière solo dès 1971, enregistrant dix albums studio dont six figurent parmi les plus vendus au monde : Off the Wall (1979), Thriller (1982), Bad (1987), Dangerous (1991), HIStory (1995) et Invincible (2001).

Avec l’apparition de MTV et de son flux constant de diffusion musicale, MJ comprend que l’image peut se marier aux sons pour un résultat maximisé. Il tourne avec des grands nom comme Scorsese (pour le clip de Bad) et Coppola (avec qui il réalise en 1986 le film-attraction Captain Eo pour Disney).

Son album Thriller demeure l’album le plus vendu de l’histoire de la musique, avec des estimations de ventes variant entre 65 et 118 millions d’exemplaires.
Sa carrière s’est caractérisée par des innovations majeures dans le clip musical, conçu comme un court-métrage pour des titres comme Billie Jean, Beat It et Thriller, ainsi que par la popularisation de pas de danse emblématiques tels que le moonwalk. Il a également été reconnu comme l’artiste le plus titré de tous les temps, avec des ventes de disques estimées entre 200 et 750 millions d’exemplaires à l’échelle mondiale.

À l’occasion de la sortie du biopic intitulé Michael, réalisé par Antoine Fuqua et écrit par John Logan – au cinéma le 22 avril 2026 en France -, retraçons l’épopée du style que fut la carrière de MJ.
The King of Prop
C’est par son goût de l’accessoire (‘prop’, en anglais) que Michael Jackson a façonné sa légende : chapeaux fédora volants, vêtements brillants et ceintures à boucles imposantes restent gravés dans les mémoires.
Il y a d’abord ce célèbre gant en cuir beige orné de strass porté lors du 25ième anniversaire de la Motown en 1983 ; le Roi de la Pop y a effectué pour la première fois en public son célèbre moonwalk lors de l’interprétation de « Billie Jean ».

Suite à la disparition du chanteur en 2009, le gant a été vendu aux enchères à New York pour la somme de 350.000 dollars (235.000 euros). Mis à prix 10.000 dollars, ce gant de golf pour main gauche «made in Korea» et acheté 30 dollars par Michael Jackson, est de suite monté à 120.000 dollars puis à 220.000 dollars pour atteindre 350.000 dollars (420.000 dollars avec la commission, sans compter les taxes).

Parmi les objets hétéroclites vendus figuraient également une paire de chaussettes ornées de strass, des portraits de Charlie Chaplin exécutés en 1967 par Jackson à l’âge de 9 ans, une Mercedes de 1985, des lettres manuscrites et une taie d’oreiller dédicacée provenant d’un hôtel où Michael Jackson avait séjourné à Disneyland-Paris. Tous ces objets ont été vendus trois à dix fois leur prix estimé y compris une simple photo avec un autographe adjugée 1.600 dollars alors qu’elle était estimée entre 200 et 400 dollars.


Très tôt dans sa carrière, Michael Jackson arbore dans ses clips de magnifiques ceintures comme de véritables accessoires de mode, plus symboliques que fonctionnels.
La ceinture qu’il porte pour un shooting de Matthew Rolston se distingue par sa boucle en forme de guitare. L’une des photos sera d’ailleurs utilisée pour la pochette du 45 tours de Beat It.


En février 1983, Michael la porte à nouveau lorsque Jane Fonda lui remet un triple disque de platine pour les ventes de l’album Thriller. La ceinture est depuis exposée au Autry Museum de Los Angeles dans le cadre d’une exposition permanente intitulée How The West Was Born by Michael Jackson.



Quand, en 1987, sort l’album Bad, Michael change de style pour adopter un look plus bad boy. La ceinture que la star porte dans le short-film Bad n’est qu’une première approche d’un style qui grandira au fur et à mesure dans les années 90. Simple, elle est en cuir noir, décorée de clous en argent qui se prolongent avec des sangles et des boucles vers le bas de la jambe.

Avec le lancement du Bad Tour en septembre 1987, au Japon, puis pour les short films associés aux autres singles de l’album, les ceintures “king size”, presque à l’image de celles des champions de boxe, font alors leur apparition.

Pour le Bad Tour, la boucle de la ceinture représente une étoile (de sheriff?) surmontée d’un aigle aux ailes déployées, symbole de l’autorité impériale, le tout entouré de branches de laurier, symbole de la gloire …. Les images sont très parlantes: une volonté assumée pour Michael Jackson de devenir le King.
Pour le Dangerous Tour qui commence en juin 1992, Michael utilise plusieurs ceintures pour Jam, le premier titre du concert.
Lors de la première partie de la tournée, on le voit souvent avec une large ceinture argentée dont les plaques sont tout simplement les armoiries de Neverland, reproduites sur le portail à l’entrée du ranch. Ces armoiries sont une version simplifiée de celles de la monarchie anglaise. Le King consolide son règne pour commencer sa tournée!

Dans la seconde partie du Dangerous Tour, le King s’habille de couleur noire et dorée, lui donnant une allure de militaire avec ces insignes et ces emplacements pour les munitions.



En avril 1988 le single Dirty Diana est le cinquième extrait de l’album Bad. Michael tourne le short film au printemps de la même année. On l’y voit sur scène interprétant le titre. Et, à nouveau, il porte une ceinture noire recouverte d’insignes avec un aigle aux ailes déployées.


Il opte à nouveau cette ceinture dans le clip Speed Demon du film Moonwalker à la fin de l’année 1988.
King of Fashion
Plus que le soucis du détails, c’est l’allure générale qui constitue la signature du Roi de la Pop. Michael Jackson n’était pas simplement une fashion victime, un consommateur de la mode : c’était surtout un concepteur qui savait s’entourer et qui créait son style en amont, en apportant un soin particulier à toute les étapes de la création.

Michael Bush et Dennis Tompkins, les designers personnels de Michael Jackson, on eu la mission pointilleuse de lui concevoir de véritables oeuvres d’art qu’il gardait à Neverland.

En 1988, la fin de la partie européenne du Bad tour, Michael Bush est chargé par Michael de contacter Dennis Tompkins pour créer une nouvelle ceinture: “J’ai eu la malheureuse tâche d’appeler et de réveiller [Dennis] en pleine nuit pour lui faire part du message de Michael: créer une “story belt” racontant la vie de Michael afin qu’il la lui remette à son ranch lorsqu’il rentrerait du Japon. Et elle devrait avoir l’air d’un vestige déterré de la Rome Antique. Michael avait expliqué que la Story Belt serait un cadeau qu’il se faisait, afin de fêter son succès en tant que meilleur artiste solo en tournée. (…). Donc, pendant que Michael terminait la partie européenne du Bad Tour, Dennis s’est mis à travailler sur le croquis de la Story Belt qui illustrerait et mettrait en scène les personnes et les étapes importantes de la vie de Michael. Apprendre à tailler des moules en cire pour y couler de l’argent n’était pas ce qui rendait Dennis le plus nerveux. Dennis pouvait s’initier à tout mais créer la vie de Michael était une proposition intimidante. Etre le juge des étapes importantes de la vie d’un homme qui a fait tellement de choses significatives? Dennis n’était pas prêt à le faire. Afin que Dennis puisse démarrer tout de suite, il a été convenu qu’il faxerait les croquis à Michael où qu’il soit en tournée. Le temps pressant, la date limite fixée par Michael se rapprochant, Dennis faxait à toutes heures de la nuit, faisait et refaisait les croquis jusqu’à avoir finalisé sept plaques qui constitueraient la Story Belt. »

À la fois hommage au passé et parure visionnaire, chaque look de Michael Jackson racontait donc une histoire : chef militaire, danseur pharaonique ou encore maître de cérémonie, tous les costumes lui seyaient.
Lors des Oscars de 1991, aux côtés de Madonna, il ne fait aucun doute que le King of P(r)op est devenu le King of Fashion.

Lors de la vente aux enchères Tompkins et Bush en 2012, une ceinture inédite de la tournée Dangerous a été dévoilée. Les plaques en or 18 carats qui se chevauchaient sur la ceinture même portaient les lettres reformant le mot DANGEROUS. La boucle, en plaqué or, représente deux chérubins sculptés entourant la Terre. Créée pour la tournée, la ceinture ne s’accommodant pas aux costumes prévus à été mise de côté.
Michael Jackson disparait le 25 juin 2009, à l’âge de 50 ans et des suites d’un arrêt cardiaque causé par une intoxication aiguë au propofol, un puissant anesthésique utilisé comme somnifère. Michael Bush et Dennis Tompkins, sont alors chargés par la famille de dessiner ce qui sera le dernier costume de Michael. On le sait maintenant, MJ adorait la veste blanche incrustées de perles qu’il portait lors des Grammy Awards en 1993 et c’est celle-ci que les deux hommes décident de reproduire.

Pour l’accompagner, il lui créent une dernière ceinture, faite d’or 18 carats et incrustées de pierres larges semi-précieuses. Deux chérubins tenant une couronne sont insérés sur la boucle.

À travers un parcours atypique, parfois controversé mais impérial, Michael Jackson s’est imposé comme l’un des plus grands artistes de tous les temps ; si inimitable, si versatile, que la postérité conserve de lui une foule d’images, parfois contradictoires.






Tels des objets magiques, de ceux qui accompagnent les rois dans leur dernier voyage, ces accessoires lui permettent de traverser le temps ; ravivant la nostalgie des fans, émerveillant les nouvelles générations.
Source :
onmjfootsteps.com







