Christian Bale porte plusieurs costumes dans le film « American Psycho » (réalisé par Mary Harron en 2000) pour refléter le style obsessionnel de son personnage, Patrick Bateman.

Rendue culte pour ses scènes de violences sur fond sonore de Phil Collins, cette adaptation du roman homonyme de Bret Easton Ellis dresse un portrait glaçant de l’Amérique de la fin des années 80.

Au – delà du gore et de la pornographie gratuite, l’oeuvre interroge avec subtilité les liens entre l’individu en proie à ses pulsions et la super-structure implacable qui lui sert d’habitat.

Patrick Bateman, fantôme ardent de 27 ans, semble se débattre pour ne pas être digéré par ce monstre froid et tentaculaire qu’est le capitalisme New -Yorkais.

Voici quelques-uns des costumes notables qu’il revêt dans le film et qui, dès la première scène, apparaissent moins comme des vêtements que comme la mue d’un serpent :

• Costumes d’affaire : Patrick Bateman est souvent vu portant des costumes élégants et bien ajustés, reflétant son statut de yuppie à Wall Street.

• Combinaison de pluie transparente : Il porte une combinaison de pluie transparente lorsqu’il commet des actes violents, notamment la célèbre scène où il tue Paul Allen (incarné par Jared Leto).

Bateman porte également ce poncho en plastique lorsqu’il assassine des prostituées – ou s’imagine le faire – afin de prévenir les éclaboussures de sang sur ses vêtements.


Un regard intéressant sur la valeur accordée à la vie humaine et celle accordée aux objets.
• Chemises à col en pointe et cravates : Il porte souvent des chemises à col en pointe avec des cravates et des noeuds papillons, ajoutant à son apparence raffinée et lui ajoutant à l’aura vampirique du personnage.

• Accessoires : Plus que jamais, le diable est dans les détails et les accessoires.

La scène mémorable où les collègues du cabinet de gestion de patrimoine comparent leurs cartes de visite en témoigne.

À certains moments, Bateman porte un peignoir luxueux chez lui, quand il n’est pas en slip ou entièrement nu. Des scènes où la pélicule qui sépare l’âme de sa plastique devient ténue et perméable.


• Gants en cuir : Il porte également des gants en cuir, impliquant une image de rebelle chic et de bad boy ; un clin d’oeil à l’oscillation subtile – entre machisme et dandysme – que connait Bateman tout au long du film.

• Manteau crème : comme en contraste avec la catabase du personnage, le costume au ton le plus doux et la cravate la plus bariolée sont arborés quand culmine la folie de Patrick Bateman.

Ces costumes et attributs contribuent à l’aspect visuel et à la symbolique de cet anti – héro, sorte de Bruce Wayne sans idéal ; ils dissimulent sa nature et le rendent presque sympathique aux yeux du monde.
Notez également que, dans le roman, Patrick Bateman fait un usage intensif du name dropping, citant toutes les marques qu’il voit ou utilise. Un style d’écriture dont Bret Easton Ellis s’est fait une spécialité et qui percevait déjà, avec une acuité visionnaire, l’ère du sponsoring que nous connaissons aujourd’hui.











